CES: la bataille a démarré pour prendre les commandes de la vie connectée

BMW a montré comment sa nouvelle plateforme Open... (PHOTO DAVID MCNEW, AFP)

Agrandir

BMW a montré comment sa nouvelle plateforme Open Mobility Cloud pouvait faire interagir une voiture autonome, des objets de la maison connectée et des appareils personnels comme un téléphone intelligent ou une montre.

PHOTO DAVID MCNEW, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page Fil RSS
Sophie ESTIENNE, Rob Lever, Glenn CHAPMAN
Agence France-Presse
LAS VEGAS

Derrière la prolifération des objets intelligents, une bataille se joue pour devenir le centre de commande de notre vie connectée, avec des acteurs allant des grands fabricants d'électronique aux petites start-up, en passant par les constructeurs automobiles.

Au salon d'électronique grand public CES de Las Vegas, qui a refermé ses portes samedi, les prétendants à ce rôle de hub incluaient des téléphones intelligents, des téléviseurs, des robots, des enceintes ou des accessoires vestimentaires connectés à intelligence artificielle.

Les constructeurs automobiles espèrent aussi tirer profit du temps important passé quotidiennement enfermé dans leurs véhicules toujours plus connectés.

Ford a ainsi annoncé au CES une alliance avec Amazon pour faire communiquer ses voitures avec les maisons connectées.

BMW a montré comment sa nouvelle plateforme Open Mobility Cloud pouvait faire interagir une voiture autonome, des objets de la maison connectée et des appareils personnels comme un téléphone intelligent ou une montre. Dans la démonstration, un miroir intelligent vérifie les rendez-vous prévus dans le calendrier mobile de l'utilisateur et les options pour s'y rendre. Si la préférence va à la voiture, en prendre les clés suffit à ouvrir la porte du garage, dont une voiture sans chauffeur sort toute seule pour venir attendre son passager devant la porte. Et à destination, on envoie la voiture se garer avec des commandes gestuelles détectées par une montre intelligente au poignet.

Volkswagen a dévoilé un prototype de monospace interactif inspiré de son légendaire mini-bus Combi: le BUDD-e peut communiquer avec les appareils connectés de la maison, permettant de vérifier depuis le siège du conducteur s'il reste assez de bière dans le réfrigérateur avant d'inviter des amis à venir regarder un match, ou de vérifier que c'est eux qui tirent la sonnette et de leur ouvrir la porte à distance.

Télévision, enceintes ou robot

«J'aime l'idée que toutes les choses se parlent entre elles, mais je ne pense pas que ce soit une chose à laquelle les gens pensent quand ils achètent une voiture», prévient toutefois Ron Montoya, analyste automobile du cabinet Edmunds.com. Pour lui, le concept ne peut en outre fonctionner que si les véhicules sont totalement autonomes sans chauffeur. «De la manière dont on conduit les voitures aujourd'hui, cela créerait une énorme distraction», potentiellement dangereuse.

Les grands groupes électroniques ne comptent pas non plus se laisser faire.

Samsung a dévoilé au CES des téléviseurs ambitionnant eux aussi de servir de centres de commande pour la maison connectée, des serrures aux lumières en passant par les thermostats et l'électroménager. Ils intègrent pour cela des technologies de la start-up californienne SmartThings, rachetée en 2014.

Son compatriote LG a présenté une enceinte permettant de communiquer et de recevoir des notifications envoyées par des appareils électroménagers, le système de sécurité de la maison, ou même une voiture. Il affirme voir «l'avenir de la maison connectée» dans cet appareil, qui rappelle le système Echo/Alexa lancé par Amazon l'an dernier.

Le groupe chinois Haier mise pour sa part sur son robot d'allure presque humanoïde Ubot. «C'est comme un assistant personnel qui peut allumer la télévision et tous vos appareils, et quand vous n'êtes pas à la maison, il aide à la surveiller», avance Kristen Smith, démonstratrice sur le stand.

Intelligence artificielle

La start-up israélienne OrCam propose de son côté un petit appareil à intelligence artificielle qui s'accroche aux vêtements. «Cela fonctionne comme un assistant virtuel comme Siri ou Cortana, mais avec des yeux et des oreilles», commente le responsable marketing, Eliav Rodman.

L'appareil «peut fournir des détails en temps réel sur les gens qui se dirigent vers vous durant une conférence» ou même «surveiller les expressions faciales des gens qu'on rencontre et les sujets de discussion, et vous donner un avis sur la qualité de vos interactions», détaille le cofondateur d'OrCam, Amnon Shashua.

Ces nouveaux venus vont devoir batailler notamment avec les deux poids lourds des systèmes d'exploitation pour mobile, Google et Apple, qui ont déjà leurs propres solutions pour les maisons et les accessoires vestimentaires connectés, intégrant généralement leurs propres assistants virtuels.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a aussi indiqué en début d'année vouloir créer un système d'intelligence artificielle pour superviser sa maison «un peu comme Jarvis dans Iron Man».

«Il n'y a pas de grande architecture, donc tout le monde essaye de prendre du terrain. Tout le monde veut être le hub», commente Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies Associates, qui souligne que tant que les grands acteurs comme Apple, Google et Microsoft ne se mettront pas d'accord sur des normes communes et ouvertes, «ce sera difficile pour ce marché d'avancer».

Partager

Publicité
Publicité
Publicité
image title
Fermer
image title
Fermer