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Eindhoven, ville la plus innovante au monde

Agence France-Presse (Eindhoven, Pays-Bas)
30 juillet 2013 | 06 h 39

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Des ultrasons contre les cellules cancéreuses aux lampes pour augmenter la concentration en vitamines des tomates, les nombreux brevets octroyés à des sociétés d'Eindhoven ont fait gagner à cette ville du sud des Pays-Bas le titre envié de «ville la plus innovante au monde».

Avec 22,6 brevets pour 10 000 habitants, cette ville de 75 000 âmes est devenue le flambeau des nouvelles technologies dans le pays et est régulièrement comparé à la Silicon Valley aux États-Unis, et ce malgré la faiblesse de l'économie néerlandaise, qui traverse sa troisième récession depuis 2009.

C'est la magazine américain Forbes qui a octroyé début juillet le titre, se basant sur une unité de mesure couramment utilisée pour rendre compte de l'innovation, l'«intensité des brevets», calculée sur base de chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon les statistiques de l'Union européenne, quelques 3238 brevets ont été demandés aux Pays-Bas en 2011. Près de 42% d'entre-eux avaient été développés à Eindhoven, et particulièrement dans le «Campus High Tech», connu comme le «kilomètre carré le plus intelligent au monde».

Dans cet ancien laboratoire, autrefois privé, du géant de l'électronique Philips, sont rassemblées plus de 100 sociétés employant près de 8000 chercheurs, développeurs et ingénieurs: «ici, un brevet est créé toutes les 20 minutes», se vante HTC sur son site internet.

Tentaculaire, le complexe composé de bâtiments recouverts de verre se dresse au milieu des plates prairies néerlandaises où des vaches broutent paresseusement l'herbe verte.

Après plusieurs vagues de licenciements, Philips a fondé HTC en 2003, permettant ainsi à ses anciens employés d'avoir un endroit où fonder leur propre société en utilisant leurs connaissances.

«Le campus idéal»

Pour une petite société comme Miortech, qui avec ses tuiles numériques déviant la lumière est surnommée le futur de l'affichage sur panneaux géants, HTC est le «campus idéal».

«Nous employons seulement cinq personnes», assure à l'AFP le directeur exécutif de la start-up, Hans Feil. Le reste du travail est effectué à la commande par des chercheurs d'autres sociétés installées sur le campus et les laboratoires sont loués.

«Nous utilisons des installations partagées, c'est vraiment un très bon endroit où être implantés», assure M. Feil, assurant être entouré de personnes partageant «le même état d'esprit», à savoir une haute intensité de brevets.

Le campus fait partie d'une initiative mise en place par le gouvernement néerlandais pour développer les hautes technologies après les licenciements chez Philips et d'autres sociétés, le Brainport Development.

Reposant sur trois axes, les entreprises, les institutions de savoir et l'argent public, l'initiative a permis à l'innovation de fleurir dans la région, créant ainsi quelques 60 000 nouveaux emplois depuis sa mise en place à 2011.

«L'idée (de HTC) est basée sur la philosophie de l'innovation ouverte où les sociétés partagent leurs connaissances afin d'arriver à de meilleurs résultats, plus rapides», assure à l'AFP Jean-Paul van Oijen, qui cherche à attirer les investisseurs dans la région.

Avec l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol et le port de Rotterdam, le «Brainport» est aujourd'hui l'un des piliers essentiels de l'économie néerlandaise et a contribué à 8% des exportations du pays en 2011.

La région, qui espère atteindre le top 10 des meilleures régions technologiques au monde d'ici 2020, a néanmoins besoin d'investissements supplémentaires pour rester compétitive, assure Henk Volberta, de l'école de management de l'université de Rotterdam.

«Nous devons être moins dépendants des grandes sociétés comme Philips ou ASML», qui fabrique des systèmes de lithographie pour l'industrie des microprocesseurs, assure M. Volberta.

Une baisse de 10% des demandes de brevets a déjà été enregistrées au niveau national en 2012, notamment suite à une baisse de telles demandes par Philips, qui recentre ses activités.

Quatrièmes mondiaux, les Pays-Bas ont été classés devant les États-Unis, la Finlande ou le Japon par le rapport «Global Innovation» 2013, publié par l'Université américaine Cornell, la Business School internationale Insead et l'Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle (OMPI).

La Suisse, domicile d'une pléthore de multinationales pharmaceutiques, s'est installé sur la première marche du podium pour la troisième année consécutive.

Mais le classement néerlandais pourrait être rétrogradé si l'équilibre délicat entre investissements publics et privés, difficile à maintenir en période noire économiquement, est menacé.

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