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Le paiement mobile est déjà une réalité en Afrique et en Asie

Agence France-Presse (Barcelone, Espagne)
27 février 2013 | 10 h 41
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Alors que le paiement mobile sans contact est encore à l'état de promesse dans les pays occidentaux, en Asie et en Afrique, des millions de personnes utilisent déjà leur téléphone pour transférer de l'argent ou payer leurs factures, en envoyant un simple sms.

En 2012, ce service comptait 30 millions d'utilisateurs actifs dans le monde, notamment au Kenya et en Tanzanie, selon une étude publiée mercredi par l'association professionnelle GSMA, au troisième jour du Congrès mondial de la téléphonie mobile, qui se tient du 25 au 28 février à Barcelone (Espagne).

Gage de sécurité et de rapidité, le «mobile money» (argent mobile) est également décrit comme un outil d'inclusion économique dans les pays en voie de développement.

Le succès de ce service tient essentiellement au fait que le nombre de téléphones mobiles en circulation dans ces pays est très supérieur à celui des comptes en banque. En Indonésie, le taux de pénétration du portable est ainsi de 106% (soit plus d'un téléphone par habitant), alors que seuls 20% disposent d'un compte en banque.

Selon Fundamo, filiale du géant des paiements bancaires Visa, 1,7 milliard de personnes dans le monde n'ont pas de compte en banque mais ont un téléphone portable et sont «économiquement actifs».

De quoi aiguiser les appétits: plus de 156 sociétés proposent des services d'argent mobile aux populations non bancarisées, dont 41 se sont lancées en 2012, souligne GSMA, qui regroupe 750 opérateurs de téléphonie mobile et organise le congrès de Barcelone.

Et dans 40 pays, il existe au moins deux services différents qui se font concurrence.

À l'origine dominé par les banques, le secteur voit désormais l'arrivée de nombreux autres acteurs, au premier rang desquels les opérateurs de téléphonie mobile.

La marque la plus emblématique à ce jour est sans doute m-Pesa, le service lancé par Safaricom au Kenya en 2007, et qui revendique 15 millions d'utilisateurs.

Le système, qui repose sur un réseau de 50 000 agents (commerçants ou autres), permet aux personnes travaillant en ville d'envoyer de l'argent à leur famille au village de façon plus sûre et moins chère que s'ils devaient effectuer eux même le voyage ou confier leur argent à un tiers.

Il leur permet également de mettre de l'argent de côté, sans pour autant aller ouvrir un compte en banque.

En septembre 2012, le pays comptait au total 19,3 millions d'abonnés à un service d'argent mobile, et l'argent en dépôt sur ces comptes dépôts avoisinait les 2 milliards d'euros, selon l'autorité kenyane de régulation des télécoms, la CCK.

«Le service de transfert d'argent par téléphone portable est devenu un outil clé pour les paiements et les transactions, en raison principalement de sa facilité d'utilisation et de son faible coût», souligne le régulateur.

M-Pesa, également présent en Tanzanie, doit désormais faire face au Kenya à la concurrence de nombreux acteurs, dont Orange Money (Telkom Kenya, filiale de France Télécom), Paga, Airtel Money (Airtel Kenya) ou encore yuMobile (Essar Telekom).

D'autres sociétés interviennent également sur ce marché en proposant des solutions technologiques, des équipements ou des services.

Pour Aletha Ling, directrice des opérations de Fundamo, la poursuite de la croissance du secteur passe désormais par un effet d'échelle et l'interopérabilité des différents standards.

Avec son service clé en main «Visa Mobile Manage Service», Fundamo permet ainsi aux banques ou aux opérateurs téléphoniques d'offrir le paiement mobile à leur clients sans avoir à déployer leur propre solution technologique.

«Nous pensons que cela permettra une accélération du développement de ces services», estime Aletha Ling. qui a par exemple conclu récemment des accords avec une banque indienne et deux banques rwandaises.

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