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Le recyclage des ordinateurs donne une chance aux plus démunis

Agence France-Presse (Galati, Roumanie)
13 février 2013 | 13 h 39
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La société ne leur donnait aucun espoir: des hommes minés par le chômage, des enfants roms défavorisés. Mais en Roumanie, grâce à un programme unique de recyclage de déchets électroniques, chacun a retrouvé une chance.

«Il s'est créé une chaîne d'énergies qui a donné des chances à tous», dit à l'AFP Elisabeta Lacatus, fondatrice de l'ONG «Dincolo de tacere» (Au-delà du silence) qui soutient de jeunes autistes et des enfants roms à Galati, ville des bords du Danube proche de l'Ukraine.

À Bucarest, l'association Ateliere fara frontiere (Ateliers sans frontières) est le premier maillon de la chaîne et collecte des ordinateurs jetés par des multinationales implantées en Roumanie dont Carrefour, Auchan, Apa Nova (Veolia), GDF Suez et Renault Dacia.

Avec la généralisation de l'usage des ordinateurs dans le monde, le volume des déchets électroniques est en croissance exponentielle, selon l'ONU.

Or, ces déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) qui contiennent du PVC, des métaux lourds et d'autres substances chimiques peuvent être toxiques pour l'environnement et la santé.

L'Europe génère 10 millions de tonnes de DEEE par an, selon la Commission européenne.

Cette dernière souhaite augmenter la collecte et le recyclage.

Ateliers sans frontières apporte sa contribution en Roumanie en collectant plus de 100 tonnes par an.

Des personnes sans domicile fixe, au chômage ou handicapées remettent en état les ordinateurs.

Elles bénéficient d'un salaire, d'un suivi psychologique et d'une aide pour trouver logement et formation.Une partie des composants est vendue à des firmes de recyclage, assurant un financement.

Plus de 80 personnes ont été aidées depuis 2009.

La moitié ont retrouvé un emploi stable ensuite dans d'autres entreprises.

Dans le deuxième pays le plus pauvre d'Europe, les ordinateurs remis en état reviennent à des écoles et associations.

Ce projet d'économie solidaire qui a permis à 1380 ordinateurs d'être donnés en 2012 fait ainsi le lien entre deux mondes. Celui d'entreprises pour qui les ordinateurs sont des objets ordinaires.

Et le monde des enfants de l'école 15 Elena Cuza, dans un quartier historique de Galati en déshérence.«La plupart des enfants de notre école n'ont pas de jouets à la maison.

Certaines familles n'ont ni électricité ni eau courante alors vous imaginez qu'ils n'ont pas non plus d'ordinateurs», raconte Nicolae Ciocan, professeur d'éducation physique qui se bat depuis 14 ans pour donner à ces élèves roms une chance de réussir.

«Tous les gens qui ont des préjugés et pensent que les Roms ne peuvent pas être éduqués se trompent. Chaque année, nous avons des enfants qui réussissent très bien», insiste-t-il.

«Mais ils arrivent à l'école avec des fardeaux plus lourds que les autres et doivent être soutenus», ajoute-t-il, rappelant la difficile situation économique des familles et le désintérêt des autorités.

Âgés de près de 10 ans, les ordinateurs de l'école 15 sont obsolètes et parfois irréparables en raison de leur vétusté.

Une «fracture numérique» se dessine entre des enfants habitués aux ordinateurs et d'autres qui en sont privés. Mais des professeurs, des volontaires et Mme Lacatus veulent renverser la tendance.

Cette dernière a gagné auprès d'Ateliers plusieurs ordinateurs pour l'école et la coquette maisonnette où elle accueille les enfants pour du soutien scolaire et des séances informatique.

David, 10 ans, est un des bénéficiaires. Il dessine avec bonheur une maison grâce au logiciel Paint.

«Je n'ai pas d'ordinateur à la maison», explique ce passionné de mathématiques.

Même situation pour Petrisor, 9 ans, élevé par des grand-parents aveugles et démunis. Mais à l'association, il manie agilement la souris pour dessiner un cerisier.

«Il ont une grande curiosité pour les ordinateurs qui sont à la fois un outil d'apprentissage et de jeux», dit M. Ciocan.

Mère d'un fils autiste, Mme Lacatus veut se servir des ordinateurs pour aider à la communication des enfants souffrant de ce trouble.

À Bucarest, au début de la chaîne, Thalo Kitoka, 24 ans, sorti de la galère grâce au recyclage d'ordinateurs sourit: «aujourd'hui, je me sens utile, mon travail veut dire quelquechose pour ces enfants».

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