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Le futur de l'électronique en quatre lettres: IGZO

Alain McKenna, collaboration spéciale, La Presse (Montréal)
06 décembre 2012 | 11 h 23
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Apple qui repousse à nouveau ses plans de lancement d'un téléviseur connecté, Sharp qui fait un bond soudain en Bourse, une révolution attendue dans le marché des tablettes, des téléphones et des téléviseurs... Qu'est-ce qui fait vibrer le marché de l'électronique ces jours-ci? Quatre lettres: IGZO.

Sharp est un des principaux promoteurs de la technologie IGZO. Subissant perte après perte, le fabricant japonais mise actuellement son avenir sur ce type d'écrans nouveau genre. Composée d'oxyde de zinc, de gallium et d'indium (ou «indium gallium zinc oxide», en anglais, d'où l'abréviation), la technologie IGZO permet de créer des écrans ayant un nombre de pixels bien plus élevé que les meilleurs produits actuellement sur le marché. En prime, elle promet de réduire leur consommation d'énergie de près du tiers.

Autrement dit, au lieu des six à huit heures d'autonomie moyenne des appareils mobiles actuels, leurs successeurs pourraient fonctionner jusqu'à 24 heures à partir d'une même charge.

Le pari de Sharp pourrait s'avérer payant si, comme le veut la rumeur, son prototype de téléviseur à écran IGZO de 32 pouces, affichant quatre fois le nombre de pixels d'un téléviseur HD conventionnel, s'avère le précurseur d'un éventuel téléviseur signé Apple.

Ce serait d'ailleurs la complexité de fabriquer de tels écrans IGZO, et non pas la dure négociation d'ententes de partage de contenu avec les studios et télé et de cinéma américains, qui ralentiraient Apple dans ses plans d'investir le marché des téléviseurs, selon Gene Munster, l'analyste bien connu de Piper Jaffray, qui suit l'évolution de ce dossier depuis des années déjà.

Citant des fabricants de composants électroniques situés en Asie, l'analyste américain estimait la semaine dernière que le défi d'Apple, dans ce créneau, n'était donc pas au niveau du contenu, mais bien du contenant. «C'est un défi matériel lié à la technologie IGZO», a-t-il déclaré à l'occasion d'une conférence sur l'avenir des technologies numériques.

Un téléviseur IGZO signé Apple?

Ultramince, ultramoderne et, évidemment, ultraconnecté grâce aux bons soins logiciels d'Apple, un téléviseur IGZO ne manquerait pas de devenir une référence dans son créneau, disent les experts. Il ferait passer les téléviseurs Samsung, Sony et autres pour des produits entièrement dépassés.

Ça ne s'arrête pas là. En dévoilant l'iPhone 4 en 2010, son premier appareil à écran Retina Display, Apple a lancé une tendance lourde dans l'industrie des appareils mobiles: la surenchère de pixels. On parle désormais de «densité de pixels», et le seuil magique est de 300 pixels par pouce. À cette densité, le niveau de détail est, dit-on, supérieur à ce que l'oeil humain peut percevoir à 30 centimètres de distance.

Depuis quelques mois, la technologie Retina Display d'Apple perd du terrain face à Google, Nokia et Samsung, qui ont tous atteint ce seuil de densité de pixels.

Si on se fie à Piper Jaffray, Apple planifie déjà sa réplique: une deuxième génération de son iPad Mini qui serait dotée d'un écran IGZO de sept pouces. Sharp a justement un tel produit dans ses cartons, et sa direction se dit prête à le décliner sous une autre marque...

Avec plus de pixels, et une autonomie trois fois supérieure à celle de toute autre tablette sur le marché, un iPad Mini à écran IGZO, lancé tôt en 2013, saurait aussi calmer les investisseurs qui, déçus de l'iPad Mini actuel, ont fait chuter l'action d'Apple de plus de 15% depuis septembre...

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