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Les tablettes modifient la pédagogie en classe

Alain McKenna, collaboration spéciale, La Presse (Montréal)
15 septembre 2012 | 13 h 11
La rentrée s'amorce avec une nouveauté cette année pour plusieurs enseignants... (Photomontage La Presse)
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La rentrée s'amorce avec une nouveauté cette année pour plusieurs enseignants du Québec. L'arrivée de tablettes numériques dans les classes renforce une tendance émergente un peu partout dans le monde: la «pédagogie inversée», ou l'école à l'envers. Littéralement.

«Nous appréhendons de gros changements dans la pédagogie et dans les habitudes des élèves, jusqu'à la maison, puisqu'au lieu de donner les cours théoriques en classe suivis de travaux pratiques en devoir à la maison, la classe inversée préconise précisément l'inverse», explique Marc Drouin, professeur au Collège Jean-Eudes, à Montréal.

Cet automne, le collège du quartier Rosemont est parmi les premiers à imposer des tablettes numériques en classe. Ce qui peut sembler tout à fait banal, pour une école où les enseignants manient déjà couramment portables et projecteurs, cache toutefois un profond changement dans le quotidien des élèves et des professeurs.

Les cahiers seront remplacés par des livres numériques et les notes de bas de page par des hyperliens vers des sources plus détaillées. Éventuellement, les cours théoriques pourraient être découpés en petites capsules vidéo à visionner sur son iPad une fois à la maison. C'est de retour en classe que les élèves devraient faire des exercices pratiques.

«En gros, le contenu magistral est enregistré et plus accessible pour les élèves. La technologie facilite ainsi la maîtrise de concepts mathématiques et scientifiques. Les élèves ont la possibilité de s'approprier et de réfléchir aux notions de base à la maison. En classe, il y a plus de temps consacré aux activités signifiantes, au travail collaboratif, etc.», résume Annick Arsenault Carter sur son blogue dédié aux technologies et à l'éducation.

Plagiat et décrochage dans la mire des nouvelles technologies

Professeure auprès d'élèves en difficulté dans une école du Nouveau-Brunswick, Mme Arsenault Carter a récemment adopté cette approche, qui gagne en popularité en Amérique du Nord depuis deux ans et qui commence à intriguer plusieurs enseignants québécois.

Le décrochage n'est pas un phénomène exclusif au Québec. Aux États-Unis, des technologies comme la tablette iPad sont perçues comme une solution, sauf que dans la forme actuelle des choses, le numérique ouvre la porte toute grande au plagiat. Copier-coller du matériel tiré de Wikipédia ou d'autres sites est une pratique qui embête plus d'un enseignant.

«L'incapacité de compléter un devoir est un problème courant chez les élèves du secondaire, puisqu'ils travaillent isolés, chacun chez soi», affirme David R. Wetzel, chercheur associé à l'Académie américaine des sciences, à Washington, un des promoteurs de cette méthode pédagogique. «Il faut changer le modèle actuel, car il ne fonctionne plus.»

La classe inversée, soutient-il, corrige le tir. Elle aide à dynamiser la relation entre l'élève et son école et elle réduit les occasions de plagiat, l'élève étant dans la classe au moment d'exécuter ses travaux pratiques.

La panacée? Peut-être pas, mais la fin de l'école telle qu'on la connaît, croit Marc Drouin. «On va le savoir en septembre, quand les élèves vont enfin avoir leurs tablettes en classe. C'est sûr que tout va changer», conclut-il.

Pour joindre notre journaliste: alain.mckenna@lapresse.ca

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