Le Suédois Göran Marby à la tête de l'Icann

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L'Icann, basé en Californie, est chargé de l'attribution des noms de domaine sur le web. Il est supervisé par le gouvernement américain depuis sa création en 1998, rattaché au département du Commerce.

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Glenn CHAPMAN
Agence France-Presse
San Francisco

Nommé lundi à la tête de l'Icann, le régulateur mondial d'internet, le Suédois Göran Marby s'engage à soutenir la transition de cet organisme, jusqu'à présent sous tutelle des États-Unis, vers un modèle non gouvernemental et pluripartite.

«Le modèle pluripartite a prouvé sa force», indique-t-il dans un entretien avec l'AFP. «Il est important pour moi de continuer cette évolution. C'est la manière d'aller de l'avant maintenant».

Göran Marby, âgé de 53 ans, dirige actuellement le régulateur suédois des postes et des télécoms (PTS), et il va prendre en mai la tête de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).

Cet organisme basé en Californie est chargé de l'attribution des noms de domaine sur le web. Il est supervisé par le gouvernement américain depuis sa création en 1998, rattaché au département du Commerce.

Washington s'était toutefois dit prêt en 2014 à un retrait, à condition qu'un nouveau dispositif de surveillance soit mis en place, et le passage de relais est désormais prévu pour cette année.

Le plan envisagé se base sur un modèle multipartite, dont l'idée est de permettre à virtuellement tous les utilisateurs de participer à la gouvernance d'internet, pas seulement des gouvernements ou des autorités publiques mais aussi des entreprises, des universitaires...

«La beauté du modèle multipartite, c'est qu'il est comme internet», estime Göran Marby. «Internet est très ramifié, donc il y a plein de points de contrôle dans le système pour s'assurer qu'il fonctionne. C'est un modèle inhabituel mais un modèle qui a prouvé qu'il fonctionne».

La fin de la tutelle américaine est aussi censée rassurer les internautes du monde entier sur l'intégrité et l'indépendance du régulateur.

Pas un geek

«J'ai travaillé toute ma carrière avec des réseaux et sur la sécurité d'internet et informatique», raconte Göran Marby. «Quand l'opportunité s'est présentée de continuer à contribuer à quelque chose d'aussi important, je ne pouvais pas la laisser passer».

Le Suédois a plus de vingt ans d'expérience dans le secteur de l'informatique et des télécoms, même s'il se décrit davantage comme un gestionnaire que comme un geek.

Avant de prendre en 2010 la tête du PTS, une agence gouvernementale qui supervise le secteur des «communications électroniques» (y compris par téléphone, internet ou radio), Göran Marby a dirigé pendant sept ans la société de sécurité informatique AppGate, dont il est co-fondateur.

Il compte aussi parmi ses anciens employeurs les spécialistes des infrastructures informatiques et télécoms Cisco Networks et Cygate Group (qui appartient aujourd'hui à TeliaSonera).

Marié et père de trois enfants, il compte déménager avec sa famille à Los Angeles, où l'Icann a ses bureaux.

Changement symbolique

Si le gouvernement américain accepte le plan de transition qui est en train d'être finalisé, son contrat de tutelle sur l'Icann expirera le 30 septembre.

L'Icann doit rester chargé des fonctions techniques liées à la gestion du système d'adresses internet, mais sous la supervision d'un conseil d'administration de 16 membres d'origines diversifiées. Chaque région du monde (Europe, Asie-Pacifique, Amérique Latine, Afrique, Amérique du Nord) devrait en particulier y avoir au moins un représentant.

Le président sortant du régulateur, Fadi Chehadé, avait indiqué à l'AFP le mois dernier que le changement serait surtout symbolique, comparant l'Icann à «un agent de la circulation» s'assurant que le système d'adresses internet fonctionne, tandis que le rôle du gouvernement américain se cantonne à surveiller qu'il suit les procédures adéquates.

«C'est important symboliquement, parce que les États-Unis étaient vraiment un gérant pour l'internet, mais pour la responsabilité au jour le jour, c'est minimal», avait jugé Fadi Chehadé.

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