Amazon lance un service de lecture illimitée sur abonnement

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Amazon donnait déjà accès à des films et séries télévisées, ainsi qu'à une bibliothèque de location de livres électroniques, dans le cadre de son service Prime, qui coûte 99 dollars par an aux États-Unis.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Le modèle de plus en plus populaire de la vidéo ou de la musique en ligne illimitées sur abonnement peut-il s'étendre aux livres électroniques? C'est le pari d'un nouveau service lancé vendredi par Amazon aux États-Unis.

Pour 9,99 dollars par mois, le service Kindle Unlimited promet l'accès à plus de 600 000 livres. L'utilisateur pourra emprunter jusqu'à dix titres en même temps, aussi souvent et pour aussi longtemps qu'il le souhaite.

«Avec Kindle Unlimited, pas besoin d'y réfléchir à deux fois avant d'essayer un nouvel auteur ou un nouveau genre. Il suffit de commencer à lire», fait valoir dans un communiqué Russ Grandinetti, un responsable de la division Kindle d'Amazon.

Le service ne fonctionne pour l'instant qu'aux États-Unis, mais Amazon prévoit de le développer dans d'autres pays à l'avenir.

Pour Colin Gillis, analyste chez GGC Partners, c'est «une extension logique».

«De plus en plus d'activités évoluent vers des offres par abonnement. On est en train de devenir une société qui emprunte au lieu de détenir. On voit ça avec la musique, avec les films», avec des services comme Spotify ou Netflix, explique-t-il à l'AFP.

Amazon lui-même donnait déjà accès à des films, des séries télévisées, un catalogue musical et une bibliothèque de location de livres électroniques dans le cadre de son service Prime, qui coûte 99 dollars par an aux Etats-Unis.

Réservé aux gros lecteurs

La lecture illimitée sur abonnement est déjà proposée par des services concurrents comme le californien Scribd, qui promet plus de 400 000 livres pour 8,99 dollars par mois à 80 millions de lecteurs dans une centaine de pays, ou le new-yorkais Oyster, qui ne donne pas le nombre de ses clients, mais revendique plus de 500.000 titres pour 9,95 dollars.

Les analystes interrogés par l'AFP jugent le service intéressant pour les consommateurs lisant plus d'un livre par mois.

«Comparé à la population totale, ce n'est peut-être pas si élevé», reconnaît Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies, tout en relevant que «le public central d'Amazon a toujours été composé de gros lecteurs».

Un Américain lit en moyenne cinq livres par an, selon une étude publiée en janvier par le centre de recherche Pew. L'imprimé y apparaissait toujours comme le mode de lecture privilégié, 28% seulement des personnes sondées ayant lu un livre électronique sur l'année écoulée.

Tous les livres existants ne seront en outre pas disponibles, obligeant à des dépenses supplémentaires pour les acheter, même si Amazon fait miroiter des best-sellers comme la série Harry Potter ou le livre Flash Boys sur le courtage à haute fréquence à Wall Street, ainsi que des classiques comme La Ferme des Animaux.

Colin Gillis ne s'attend «pas à ce que cela soit une grosse part de l'activité d'Amazon dans un avenir proche».

«Cela pourrait atteindre le milliard de dollars de revenus, mais ça prendra un moment», juge aussi Roger Kay, en allusion à un chiffre circulant dans la presse.

Quelle rémunération pour les auteurs?

Pour James McQuivey, analyste chez Forrester, Amazon cherche en partie à forcer la main aux éditeurs, soucieux de limiter les pressions sur leurs prix de vente.

«L'idée de l'abonnement est très populaire auprès des consommateurs. Amazon pourrait attendre que les éditeurs s'y mettent, ou il peut essayer de le faire lui-même et d'avoir le contrôle», dit-il.

Roger Kay s'inquiète parallèlement d'un risque de «détruire un peu plus le modèle économique qui nourrit les auteurs». «Ils sont généralement payés avec un pourcentage des ventes» et risquent de toucher moins,  «sinon, économiquement, ça ne fonctionnera pas pour Amazon».

Le groupe n'a pas répondu à une requête de l'AFP sur les modalités financières de ses accords avec les éditeurs.

Scribd dit les rémunérer quand un livre est lu «comme s'il avait été acheté dans un magasin», tandis qu'Oyster évoque «des paiements réguliers» basés sur la fréquence de lecture des livres.

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