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Google sommé de détruire des données obtenues via Street View

Agence France-Presse (LONDRES)
21 juin 2013 | 13 h 24
Une voiture de Google Street View.... (Photo: AP)
Une voiture de Google Street View. - Photo: AP

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Le géant américain de l'internet Google a été sommé vendredi par les autorités britanniques de détruire sous 35 jours des données privées collectées via son service de cartographie Street View, sous peine de poursuites judiciaires.

L'«Information Commissioner's Office» (ICO), l'organisme public chargé de la protection des données personnelles au Royaume-Uni, a adressé au groupe l'injonction de détruire quatre disques durs contenant ces informations récupérées sur des réseaux Wi-Fi non sécurisés.

Créé en 2007, Street View fournit des vues panoramiques en trois dimensions des rues, permettant aux usagers de s'y déplacer virtuellement, mais ce service a déclenché en 2009 et 2010 une série de polémiques dans plusieurs pays.

Google avait reconnu en 2010 que les voitures sillonnant les rues pour son compte avaient, en plus de prendre des photos, collecté par inadvertance des données personnelles transmises par Wi-Fi, comme des mots de passe et des courriels.

Des procédures avaient été engagées dans plusieurs pays pour que le groupe détruise ces données. Mais en 2012, le géant de l'internet a indiqué avoir découvert l'existence de données qui n'avaient pas été détruites.

L'ICO n'a infligé aucune amende à Google, mais l'a averti que s'il ne supprimait pas ces données dans les 35 jours, il risquait d'être poursuivi pour «outrage à la justice».

«Les débuts de Google Street View sont un exemple de ce qui peut mal tourner quand les groupes de technologie négligent le fait que leurs produits utilisent des informations personnelles», a déclaré Stephen Eckersley, un responsable de l'ICO.

«Nous avons reçu l'injonction ce matin et nous allons poursuivre notre programme de destruction de ces données», a réagi un porte-parole de Google.

«Nous travaillons dur à Google pour le respect de la vie privée. Mais dans ce cas, nous ne l'avons pas fait, c'est pourquoi nous avons rapidement renforcé nos systèmes pour régler le problème», a ajouté le porte-parole, assurant que les employés de Google n'avaient «pas voulu collecter ces données, ne les avaient pas utilisées ni même regardées».

Cette affaire de collecte d'informations via Street View a récemment valu à Google des amendes en Allemagne et aux États-Unis. Dans ce dernier pays, la compagnie a accepté en mars de payer sept millions de dollars, dans le cadre d'un accord amiable avec 38 États américains.

Par ailleurs, la nouvelle politique de confidentialité de Google est dans la ligne de mire des 27 autorités européennes de protection des données. Elle a conduit jeudi l'autorité française (la CNIL) à mettre en demeure le groupe, lui donnant trois mois pour se mettre en conformité avec la loi française, sous peine de sanction financière. L'Espagne a le même jour annoncé l'ouverture d'une procédure en vue de sanctionner le géant américain.

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