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Yahoo! relance le débat sur l'intérêt du télétravail

Agence France-Presse (Washington)
27 février 2013 | 09 h 13
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Le télétravail est en croissance, vanté comme un moyen de mieux gérer vies familiale et professionnelle et de réduire les coûts de transport et la pollution, mais Yahoo! vient de rouvrir le débat sur son intérêt aux États-Unis.

La patronne du groupe internet, Marissa Mayer, a décidé que tous les salariés seraient désormais obligés de venir au bureau, pour «ressentir l'énergie et l'excitation» du travail en équipe, selon un document interne dévoilé cette semaine par le Wall Street Journal.

«La vitesse et la qualité sont souvent sacrifiés quand on travaille de la maison. Nous avons besoin d'être un Yahoo! uni, et cela commence en étant physiquement ensemble», souligne-t-elle.

"Nous ne discutons pas des questions internes", a réagi une porte-parole du groupe interrogée par l'AFP.

«Ceci n'est pas une vision générale dans le secteur sur le travail à domicile, ceci concerne ce qui est juste pour Yahoo! maintenant».

Le groupe va à l'encontre de la tendance générale. Entre 2007 et 2012, la part des entreprises américaines permettant à leurs salariés de travailler de manière flexible, notamment à domicile, est passée de 48% à 53%, selon la Société de gestion des ressources humaines. Et d'après un rapport de 2011 du Département du travail, 24% des salariés américains travaillent au moins quelques heures par semaine de chez eux.

Chez l'équipementier en télécommunications Cisco Systems, qui développe des réseaux virtuels privés (VPN) utilisés pour sécuriser l'accès à distance au réseau d'une entreprise, l'employé moyen télétravaille en moyenne deux jours par semaine.

Chez IBM, 29% des 128.000 salariés dans le monde participent à un programme de travail flexible ou à domicile.

Le groupe informatique estime que la réduction des navettes entre maison et bureau a permis en 2011 d'économiser 24 millions de litres d'essence et plus de 50 000 tonnes d'émissions de dioxyde de carbone rien qu'aux États-Unis.

Journées de travail plus longues

Le télétravail «est particulièrement important dans le secteur technologique», où les entreprises cherchent «à recruter et à conserver les meilleurs et les plus brillants», explique Cindy Auten, responsable de Mobile Work Exchange, un organisme de promotion du télétravail.

Laisser travailler à domicile est souvent une quasi nécessité, acceptée par 85% des employeurs recensés parmi «les meilleurs endroits où travailler», note-t-elle.

Le milliardaire britannique Richard Branson s'est dit sur Twitter «perplexe face à la décision de Yahoo! d'arrêter le télétravail. Donnez aux gens la liberté de travailler où ils veulent, et ils excelleront», fait-il valoir.

«Il y a de grands avantages au télétravail et il y a des entreprises qui ont besoin de faire plus de télétravail», mais Yahoo! est dans une situation particulière, il «a besoin de revenir à ses racines», nuance John Challenger, de la société de conseil Challenger, Gray and Christmas.

Le groupe internet, qui doit innover pour relancer sa croissance, ne pourra toutefois probablement pas empêcher totalement ses employés de faire une partie de leur travail à domicile, prévient l'analyste.

«Certaines personnes ont toujours travaillé de la maison», note-t-il. «Et maintenant la technologie les autorise à travailler les week-ends, la nuit ou en vacances. Il n'y a plus de frontière entre le travail et la maison».

Le télétravail n'est d'ailleurs pas forcément la panacée pour les salariés: selon le département du travail, ils travaillent souvent davantage chez eux que s'ils venaient au bureau, effectuant ainsi des heures supplémentaires non rémunérées.

«La possibilité pour les salariés de travailler à domicile peut en fait permettre aux employeurs d'augmenter leurs attentes quant à leur disponibilité le soir et le week-end, et entraîner des journées et des semaines de travail plus longues», notait-il dans son rapport en 2011.

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