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Les États-Unis en pointe de l'«open data»

Agence France-Presse (Washington)
09 janvier 2013 | 13 h 58
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La liste des visiteurs de la Maison Blanche, les chances de retard sur chaque vol intérieur américain, ou encore la carte des tornades: ce sont quelques-uns des 400 000 fichiers publiés sur internet par l'État américain, un des précurseurs de l'«open data».

Pour en savoir plus
Maison-Blanche | Ong | Barack Obama | George W. Bush

L'open data - qui signifie littéralement en français «données ouvertes» -, qui vise à publier sur internet le maximum de données publiques possible, a seulement quelques années d'existence.

Washington n'a lancé data.gov qu'en 2009, avec 57 fichiers, mais près de quatre ans plus tard, le site publie régulièrement de nouvelles données, dans un format qui permet aux entreprises ou aux citoyens de les exploiter facilement.

Le développement de l'open data traduit la volonté des États d'améliorer la transparence de l'action publique et d'en justifier le coût auprès des citoyens.

C'est grâce à des données --gratuites-- de l'administration des transports, que des sites aériens américains indiquent pour chaque vol, avant l'achat, le pourcentage de vols à l'heure: 73% seulement pour le vol United Washington-New York du mercredi soir.

Et on trouve de tout sur data.gov: les rapports d'inspection des maisons de retraite, les évaluations de sièges auto pour enfants ou les taux d'infections nosocomiales dans les nombreux hôpitaux publics militaires.

Mais ce n'est pas tant le volume que la qualité des données qui importe.

La France publie par exemple sur data.gouv.fr, lancé en 2011, environ 350 000 fichiers, mais la majorité proviennent des chiffres du recensement, des données peu utiles dans la vie quotidienne.

Surtout, la quasi-totalité sont au format Excel, ce qui en rend l'exploitation très difficile.

Selon le professeur James Hendler, un expert américain qui étudie l'open data dans le monde, les Américains, suivis des Britanniques, sont en pointe car ils ont institutionnalisé la publication des données par les administrations.

Ils ont aussi développé des «écosystèmes» d'entreprises et d'associations qui exploitent les données dans des applications pour les internautes.

«C'est bien de publier les données, mais tout est vraiment plus utile quand on crée des communautés et si on donne l'opportunité aux gens d'intégrer les données, et si les données sont lisibles par des machines», explique-t-il à l'AFP.

Trous, erreurs et zones d'ombre

Mais si les Américains sont les premiers à s'être lancés, les zones d'ombre persistent après une période d'euphorie suivant l'élection de Barack Obama.

Au premier jour de son premier mandat, le 21 janvier 2009, le président américain signait un mémorandum ordonnant à ses ministères une «présomption de publication» pour tous les documents, un renversement de tendance après la présidence de George W. Bush.

«Les deux premières années ont été très créatives, très avancées», explique à l'AFP Daniel Schuman, de la Fondation Sunlight. Mais «ils ont perdu la motivation».

En cause: l'inertie ou la résistance des administrations, qui doivent adopter de nouveaux réflexes.

«Nous avons besoin de nouvelles lois, pour institutionnaliser cela et nous immuniser contre un changement d'humeur du prochain président», expliquait récemment lors d'une conférence Anne Weismann, directrice de l'ONG CREW, qui a forcé la Maison Blanche à publier la liste de ses visiteurs, afin d'identifier ceux qui ont l'oreille de la présidence.

Des milliers de fichiers ne sont pas à jour, contiennent des trous ou des erreurs, pointe de son côté Josh Tauberer, un jeune entrepreneur de l'open data, notamment sur le site des dépenses publiques (USASpending.gov).

Mais l'open data n'en est qu'à ses débuts.

Avec plus de 40 pays et l'arrivée de l'Inde, l'Amérique du Sud et de dizaines de villes dans le giron de l'open data, le nombre de fichiers en ligne pourrait passer d'environ un million actuellement à plus de cinq millions d'ici 2015, selon James Hendler.

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