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Instagram modifie ses règles mais fait marche arrière

Tupac Pointu, Agence France-Presse (Paris)
18 décembre 2012 | 19 h 14
Le fondateur et grand patron, Kevin Systrom...
Le fondateur et grand patron, Kevin Systrom -
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En décidant de s'offrir la possibilité de vendre les photos de ses utilisateurs sans compensation, l'application Instagram a choqué les internautes dont beaucoup menaçaient mardi de fermer leur compte, poussant le réseau social à faire quelque peu marche arrière dans la journée.

La société avait annoncé lundi l'actualisation de ses conditions d'utilisation, effective à partir du 16 janvier et censée permettre de croiser les données recueillies auprès de ses utilisateurs avec celles obtenues par sa maison mère, le réseau social Facebook.

Certains passages de ces nouvelles règles visibles sur Instagram.com avaient choqué des utilisateurs, en particulier le paragraphe indiquant: «Vous acceptez qu'une entreprise ou toute autre entité puisse nous payer pour afficher votre nom et profil d'utilisateur, vos photos (...) en lien avec des contenus payants ou commandités, sans que cela ne vous donne droit à une compensation». Beaucoup menaçaient mardi de fermer leur compte.

Autre point qui faisait polémique, selon les sites internet spécialisés et les utilisateurs, le fait qu'Instagram s'octroie une licence «non exclusive, libre de redevances, transférable et mondiale» sur les photos postées par les utilisateurs.

«En analysant vos réactions et les articles parus dans la presse, nous allons modifier certaines parties des termes (des nouvelles règles) pour expliquer plus clairement ce qui va arriver à vos photos», a indiqué mardi soir dans un communiqué Kevin Systrom, cofondateur d'Instagram.

«Notre intention était de vous communiquer que nous aimerions faire l'expérience de publicités innovantes», poursuit M. Systrom.

«À la place, cela a été interprété par beaucoup comme une tentative de notre part de vendre vos photos sans aucune compensation. Ce n'est pas vrai (...) Pour être clair: il n'est pas dans notre intention de vendre vos photos», assure-t-il, ajoutant qu'Instagram travaillait à un «nouveau phrasé plus approprié» des nouvelles règles, sans donner plus de précisions.

Menace de fermeture

L'application, qui revendique plus de 100 millions d'utilisateurs dans le monde, permet de prendre des photos depuis son téléphone portable, de les retoucher avec une série de filtres esthétisants, puis de les mettre en ligne.

Initialement annoncé à un milliard de dollars, le rachat d'Instagram par Facebook s'était finalement élevé à 747 millions de dollars en avril.

Rendue publique lundi, l'actualisation des conditions d'utilisation d'Instagram intervient quelques mois après ce rachat et ouvre la voie à une éventuelle monétisation de cette application.

Il s'agit également de lutter plus efficacement contre les pourriels ou de détecter plus vite les problèmes de sécurité, selon Instagram.

La société a eu beau souligner sur son site que «rien ne change sur la propriété de vos photos ou qui peut les voir», nombre d'utilisateurs à travers le monde avaient fait part de leur émoi sur Twitter depuis lundi.

«Alerte ! À tous ceux qui sont sur Instagram, relisez les nouvelles conditions d'utilisation. Vos photos courent un risque !», a publié @ElvisLewela de Nairobi, au Kenya.

«J'aime Instagram, mais ces nouvelles conditions d'utilisation sont ridicules», a jugé pour sa part @Danbo12, basé dans l'Essex, au Royaume-Uni.

Certains ont menacé de fermer leur compte prochainement. D'autres enfin restaient sceptiques. «Non, mais vous croyez sérieusement que quelqu'un va payer de l'argent pour acheter un Instagram de votre chat assis sur votre MacBook à côté du cupcake», a rigolé @fhtagn! de Tunis.

Pour Facebook, qui a récemment dû faire face en France à un mouvement de panique collectif lié à un «bug» imaginaire sur la fuite de messages privés, toutes ces craintes relèvent de la «pure spéculation».

«Nous savons qu'Instagram doit être intégré à Facebook, c'est pourquoi les conditions d'utilisation ont été actualisées», a dit un porte-parole de Facebook France.

«Quant à savoir l'utilisation qui en sera faite, nous ne savons pas encore, mais nous informerons nos utilisateurs. Tout le reste est de la pure spéculation».

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