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Wikileaks demande à Bruxelles de ne pas céder aux pressions américaines

Agence France-Presse (Bruxelles, Belgique)
27 novembre 2012 | 11 h 36
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Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a demandé mardi à la Commission européenne de ne pas céder aux pressions d'élus américains qui ont, selon lui, agi en sous-main pour que deux géants des cartes bancaires, Visa et MasterCard, bloquent les donations à ce site depuis 2010.

Dans un avis préliminaire récent, la Commission européenne a considéré que cette affaire ne méritait pas une enquête approfondie.

Wikileaks et DataCell, son partenaire en Islande, ont présenté leur contre-arguments dans une lettre adressée lundi à la Commission. Ils espèrent que la décision définitive de la Commission, attendue «dans quatre à six semaines», leur donnera cette fois raison, ou qu'elle lance pour le moins une enquête approfondie.

«Il n'y a pas de souveraineté sans souveraineté économique. Il est inquiétant que des membres de la droite dure des Etats-Unis soient en mesure de faire pression sur Visa et MasterCard, qui détiennent un monopole sur le marché européen, pour qu'elles mettent en place un tel blocage», a déclaré Julian Assange lors d'une conférence de presse depuis l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'est réfugié depuis la mi-juin.

Lors de cette conférence de presse, simultanément retransmise à Bruxelles, M. Assange a cité le contenu d'une lettre adressée par MasterCard à la Commission européenne, dans lequel la société américaine indique «avoir eu des conversations avec des collaborateur de deux membres du Congrès américain», le sénateur indépendant (ex-démocrate) Joseph Lieberman et le représentant républicain Peter T. King.

Après s'être rendu mondialement célèbre en publiant des documents classés sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan et des milliers de télégrammes secrets de la diplomatie américaine, WikiLeaks doit faire face depuis deux ans au blocage des dons d'internautes via Visa et MasterCard.

Julian Assange a estimé mardi à «50 millions de dollars» le manque à gagner.

DataCell, qui récoltait les dons des internautes et est aujourd'hui en difficulté financière, a déposé plainte devant les services de la Concurrence de la Commission européenne pour dénoncer ce blocage.

Selon l'un des responsables de DataCell présent à Bruxelles, la décision «politique» des géants des cartes bancaires, influencés par les élus américains, «empêche une petite entreprise européenne de rentrer sur le marché» et devrait donc être dénoncée par la Commission.

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