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Twitter s'est attiré les foudres d'utilisateurs mardi pour avoir bloqué le compte d'un journaliste britannique ayant critiqué la retransmission des Jeux olympiques de Londres par la chaîne américaine NBC, partenaire du réseau social.
Guy Adams, correspondant à Los Angeles du journal basé à Londres The Independent, avait exprimé sa colère sur Twitter face à la décision de NBC d'assurer la diffusion lundi de finales de natation en différé, alors que les résultats étaient déjà connus de nombreux téléspectateurs. Peu après, le journaliste a été suspendu du site de microblogs pour avoir publié dans un message l'adresse courriel de l'un des chefs de NBC.
Twitter et NBC entretiennent ce qu'ils appellent un partenariat stratégique et non financier pour tout ce qui relève du contenu en ligne relatif aux Jeux olympiques de Londres, qui ont débuté vendredi. Mais pour plusieurs experts des médias, le fait que Twitter avertisse NBC des critiques émises par Guy Adams est inquiétant.
«C'est ce qui arrive inévitablement lorsque l'on confie la protection de la liberté d'expression à des entreprises privées», a indiqué à l'AFP Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université du Nord-Est. «Dans l'environnement médiatique d'aujourd'hui, le droit de parler et d'écrire librement des uns s'arrête là où commencent les intérêts commerciaux des autres», ajoute-t-il.
Jeff Jarvis, de l'Université de la ville de New York, constate également sur son blogue Buzz Machine que «Twitter va devoir apprendre la leçon que les journaux ont dû eux-mêmes apprendre en acceptant la publicité: lorsque la confiance est un atout principal, il faut savoir gérer son entreprise en fonction de ce principe».
Rebecca Lieb, analyste des médias numériques au groupe Altimeter, souligne de son côté que la décision de Twitter «crée un précédent dangereux» et le site «pourrait subir des dommages irréparables s'il montrait que les intérêts d'un partenaire commercial prévalent sur sa politique et ses utilisateurs».
Twitter ne souhaitait pas faire de commentaires dans l'immédiat.
Guy Adams a quant à lui écrit qu'il ne «voyait pas en quoi il avait enfreint des règles», ajoutant avoir publié une adresse professionnelle et non personnelle.
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