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Les États-Unis avalent les technos canadiennes comme des bonbons

Alain McKenna, collaboration spéciale, La Presse (Montréal)
15 mars 2012 | 13 h 24
Chris Arsenault, d'iNovia Capital.... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)
Chris Arsenault, d'iNovia Capital. - Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse
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Hors Québec, l'industrie canadienne du capital-risque se remet tranquillement d'une année 2010 difficile et c'est l'industrie des nouvelles technologies qui semble écoper, selon des statistiques sur les fusions et acquisitions publiées mercredi par le cabinet Ernst & Young. Les grandes sociétés américaines, elles, flairent les bonnes affaires.

Dans son rapport annuel sur les fusions et les acquisitions dans le monde pour 2011, Ernst & Young indique qu'il s'est effectué 27 transactions de petites sociétés technologiques impliquant un vendeur canadien et un acheteur américain, entre septembre et décembre dernier seulement. C'est presque le double des 15 transactions qui ont eu lieu durant le même trimestre de 2010.

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Pour l'année 2011 entière, on compte 34 acquisitions de jeunes pousses technologiques canadiennes par des sociétés de plus forte taille. La très grande majorité de ces acquisitions ont eu lieu en Ontario et en Colombie-Britannique. Au Québec, ça comprend tout de même la société Coradiant, acquise en avril pour 150 millions $ US par l'américaine BMC Software, l'achat de Grip par Autodesk et celui de Trellia par Wyse, ces deux-là en novembre.

Signe des temps, Facebook, Google, Salesforce et Zynga se sont partagées pas moins de huit entreprises canadiennes, au courant de l'année.

Un manque de fonds qui tue

Même si ces chiffres indiquent une tendance à la hausse, les investisseurs ne s'en font pas trop. Ils déplorent tout de même un certain manque d'ambition des entrepreneurs canadiens. « Peu de sociétés canadiennes mettent l'énergie requise afin de devenir de grands leaders ayant 100 millions de $ et plus en revenus. Vendre son entreprise, c'est bien, mais ce qui nous tue, au Québec et au Canada, c'est que nous avons très rarement les moyens d'être des acquéreurs », résume Chris Arsenault, qui dirige le fonds iNovia Capital, à Montréal.

Un des défis pourrait donc être profondément ancré dans la psyché des entrepreneurs canadiens, qui ne s'en font pas outre mesure d'une acquisition par une société étrangère. Dans un article du Financial Post publié ce jeudi, aucun dirigeant canadien ayant vendu son entreprise ne se plaint de la situation.

« C'est grave quand une société achète la propriété intellectuelle et licencie les employés, mais c'est le contraire qui se produit en ce moment : les entreprises achètent et continuent d'embaucher », constate Dan Debow au, cofondateur de la société Rypple, désormais filiale de Salesforce.

Reste à voir si le souhait du CVCA se concrétisera : que l'argent acquis par ces entrepreneurs aide à financer la génération suivante des entreprises technologiques canadiennes.

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