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Des cracks informatiques contre les pirates

Philippe Mercure, La Presse
14 janvier 2013 | 11 h 50
Pascal Fortin, président de GoSecure.... (Photo Alain Roberge, La Presse)
Pascal Fortin, président de GoSecure. - Photo Alain Roberge, La Presse
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Les pirates informatiques utilisent des tactiques de plus en plus sophistiquées pour soutirer des informations critiques aux entreprises. Pour contrer leurs attaques ou réparer les dégâts qu'ils provoquent, il faut des gens encore plus futés qu'eux.

Voilà pourquoi Pascal Fortin, président de la petite boîte GoSecure, traite ses 18 employés aux petits oignons.

«Les gens qui sont ici, c'est la crème», dit-il en pointant une équipe majoritairement composée d'ingénieurs penchés sur des ordinateurs.

Ces cracks de l'informatique aident autant les grandes banques canadiennes et les firmes de génie québécoises que des sociétés d'État comme la Société des alcools du Québec et Hydro-Québec à garder leurs précieuses informations à l'abri des pirates.

M. Fortin sait que ses employés sont mobiles. Dans l'industrie de la sécurité informatique, il n'est pas rare de voir un expert se lancer à son compte pour faire de la consultation directement auprès des entreprises. Un phénomène que déplore M. Fortin.

«Le problème de notre industrie, c'est qu'elle est fragmentée. Les méchants, eux, collaborent. Nous, on est un paquet de petites compagnies et de consultants à gauche et à droite qui essaient de se défendre. C'est une recette pour échouer», dit-il.

D'où le soin maniaque que met GoSecure à créer un environnement de travail agréable pour ses employés. M. Fortin dit réinvestir 20% de sa masse salariale en formation pour garder ses travailleurs à la fine pointe de la technologie.

«La culture d'entreprise, ici, c'est ça», dit M. Fortin en ouvrant un réfrigérateur complètement rempli de canettes de bière importée.

L'homme choisit d'ailleurs scrupuleusement ses employés, selon ce qu'il appelle sa «recette magique». Le profil type de l'employé de GoSecure est un jeune ingénieur intéressé par la sécurité, mais qui n'y a jamais travaillé, question de ne pas avoir développé de «mauvais plis». Le tiers des employés sont des réservistes de l'armée canadienne. Pascal Fortin, qui est lui-même passé par là, vante le sens de l'urgence et la capacité de livrer de ceux qui sont passés par une formation militaire.

Une longue histoire

Comme plusieurs entreprises en démarrage, GoSecure a mis du temps avant de trouver sa voie. La boîte a été lancée en 2002 par trois fondateurs, dont un ancien hacker repentant qui veut alors faire oeuvre utile.

Le président actuel, Pascal Fortin, ne s'y est joint que deux ans plus tard, quand le groupe l'a convaincu de laisser un emploi d'envergure au sein d'une multinationale pour sauter dans leur bateau.

L'entreprise a gagné rapidement la confiance de clients prestigieux. Mais pendant des années, elle accumule néanmoins les pertes.

«Un moment donné, on faisait 3 millions de chiffre d'affaires, mais on avait une équipe de quatre vendeurs, dont une qui portait un titre de directrice, en plus d'un VP des ventes... C'était un non-sens», dit Pascal Fortin.

Devenu président, M. Fortin se départit de toute la force de vente et déménage l'entreprise dans des locaux deux fois moins vastes. La rentabilité finit par venir. Aujourd'hui, GoSecure dit se spécialiser dans la protection contre les «menaces persistantes avancées», des attaques très sophistiquées impliquant un grand nombre de pirates. Selon M. Fortin, la plupart proviennent de la Chine et de la Russie.

Étrangement, les plus importants concurrents de GoSecure ne sont pas les petites firmes de sécurité comme la sienne, mais bien les «big four» de la vérification et des services professionnels aux entreprises: PricewaterhouseCoopers, Deloitte, Ernst & Young et KPMG.

«Même si elles sont moins spécialisées, ces firmes offrent aussi un service en sécurité», dit M. Fortin. Plutôt que de se battre, le président a choisi de faire un partenariat stratégique avec l'une d'elles, Ernst & Young.

La suite? GoSecure cherche actuellement à pourvoir trois postes, et veut ouvrir un bureau dans l'Ouest canadien d'ici 24 mois.

«Au Québec, on a un peu fait le tour du jardin, dit le président. On est déjà présent ailleurs au Canada, mais maintenant, on veut vraiment s'y imposer.»

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GOSECURE

Qui

Le président Pascal Fortin et 18 employés.

L'idée

Une bande de cracks informatiques capables de contrer les attaques des pirates du web.

L'ambition

Ouvrir un bureau dans l'Ouest canadien d'ici 24 mois et devenir une véritable entreprise pancanadienne.

Ils y croient et y ont misé de l'argent

L'investisseur Albert Carbone.

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