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L'e-signature pourrait changer le monde des affaires

Alain McKenna, collaboration spéciale, La Presse (Montréal)
30 avril 2012 | 07 h 44
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Laissez votre stylo à la maison. D'ici deux ans, votre téléphone mobile pourrait devenir un moyen plus sûr d'acheter un produit, de contracter une hypothèque ou d'obtenir une carte de crédit. S'il n'en tient qu'à Silanis Technology, cette nouvelle technologie sera conçue à Montréal.

Silanis, qui fête son 20e anniversaire cette année, est une PME de 70 employés ayant des bureaux à Montréal, en Virginie et en Angleterre. Sa technologie de signature numérique, ou e-signature, a été appliquée à 600 millions de documents l'an dernier, devenant ainsi la plus utilisée en Amérique du Nord. Les banques nord-américaines comme RBC et US Back, la US Army et l'ensemble du gouvernement américain y ont recours chaque jour.

Bref, si l'e-signature devient une technologie courante dans la plupart des secteurs d'affaires en 2014, comme le prédit la société Gartner, elle a de fort bonnes chances d'avoir des retombées importantes à Montréal, espère Michael Laurie, cofondateur et responsable de la planification pour Silanis.

«Ça fait plusieurs années qu'on attend ce moment. Il a fallu que les lois s'adaptent à la technologie, que l'industrie détermine ce qui peut être considéré comme une signature électronique valable et que les entreprises s'entendent sur l'utilisation de la signature électronique. Aujourd'hui, on sent que le virage est amorcé», résume l'homme d'affaires.

En fait, le virage semble avoir été amorcé chez nos voisins du Sud il y a quelques années et Silanis en profite déjà. Depuis deux ans, la PME montréalaise se situe parmi les sociétés technologiques ayant la plus forte croissance au Canada. Selon le Branham Group, qui suit de près l'évolution du secteur canadien des nouvelles technologies, son chiffre d'affaires a doublé en 2011, s'établissant à 13,2 millions et M. Laurie indique qu'il doublera encore cette année.

Le choix du consommateur

Traditionnellement, ce sont les grandes institutions bancaires qui poussent à la modernisation des systèmes de paiement au Canada. Pas cette fois-ci. C'est le consommateur qui dicte le changement. La téléphonie mobile, l'informatique en nuage et l'instantanéité de ces nouvelles technologies le mènent à douter qu'il faille réellement deux heures pour compléter une demande de crédit, constate M. Laurie.

«Remplir les formulaires, obtenir l'historique de crédit, signer ici, ici et ici, ça peut prendre des heures, alors qu'avec une solution de signature électronique, ça ne prend que 2 minutes. Le bénéfice est énorme pour tout le monde: la banque, le commerçant et le client», dit-il.

En plus de la volonté des acheteurs, c'est le gain de productivité et l'impact positif sur les processus d'affaires qui risquent de faire pencher la balance du côté de cette nouvelle technologie, nuance toutefois Craig Le Clair, chercheur pour le groupe Forrester.

«On vient tout juste de découvrir l'avantage de l'e-signature dans l'expérience client. Les risques moins élevés (de fraude), une réduction des frais d'exploitation et un rendement accru par l'économie de temps ont toujours attiré les entreprises. Maintenant, l'accélération de la transaction ajoute un effet «wow» aux yeux du client et cet élément fait désormais partie des priorités de celles qui revoient leurs processus d'affaires.»

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