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THQ Montréal tenu de créer 250 emplois, et non 400

Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse (Montréal)
21 décembre 2012 | 07 h 00
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Le studio américain de jeu vidéo THQ avait de grandes ambitions, dont celle de créer 400 emplois à son arrivée à Montréal en 2009 grâce à une subvention de 3,1 millions de dollars d'Investissement Québec. En faillite depuis mercredi, THQ a trouvé un nouvel acheteur, mais l'entreprise pourrait bien ne jamais créer 400 emplois comme prévu: son entente avec Investissement Québec ne l'oblige qu'à créer 250 emplois, a appris La Presse.

Dans son communiqué de presse datant 2009, Investissement Québec indiquait que THQ «devrait compter plus de 400 emplois après cinq ans».

«C'était les prévisions de l'entreprise. Les conditions de prêt ne sont pas les mêmes que les prévisions de l'entreprise», dit Chantal Corbeil, porte-parole d'Investissement Québec, qui confirme que THQ doit créer 250 emplois en mars 2015 pour ne pas être obligé de rembourser une partie de sa subvention.

THQ n'a pas commenté hier ses prévisions d'emplois à Montréal en 2015. L'été dernier, son nouveau PDG, Jason Rubin, a indiqué qu'il «pourrait y avoir des sièges vides» en 2015 chez THQ Montréal, qui bénéficie aussi, comme tous les studios de jeu vidéo au Québec, d'un crédit d'impôt de 37,5% sur les salaires.

Investissement Québec a donné des subventions directes à trois studios étrangers pour venir s'installer à Montréal: THQ, Warner Brothers (7,5 millions pour 300 emplois) et Square Enix (2 millions pour 250 emplois).

En difficulté financière - son titre a perdu 93% de sa valeur en Bourse depuis deux ans -, THQ s'est placé mercredi à l'abri de ses créanciers aux États-Unis.

Par la même occasion, THQ a annoncé avoir trouvé un acheteur, le fonds d'investissement privé californien Clearlake Capital Group, qui offre 60 millions US.

THQ sera vendu par la cour américaine de faillite, où d'autres acheteurs pourront faire monter les enchères pour THQ, qui a des dettes d'environ 150 millions. En Bourse, THQ ne vaut plus que 2,85 millions.

La faillite américaine et la vente de THQ ne changeront rien aux activités de son studio montréalais. «C'est business as usual. Nos équipes sont occupées à travailler à leurs projets», indique Johan Eile, porte-parole de THQ, par courriel.

Parmi les 174 employés de THQ Montréal, plusieurs dizaines travaillent au projet de jeu à grand déploiement du directeur créatif vedette Patrice Désilets, repêché chez Ubisoft en 2010.

Le projet de Patrice Désilets aurait un budget de plusieurs dizaines de millions.

Des pertes pour la Caisse?

La vente de THQ à Clearlake signifiera probablement des pertes pour la Caisse de dépôt et placement du Québec, troisième actionnaire en importance de THQ avec 3,28% des actions. La Caisse a investi dans THQ en 2007.

La valeur de son investissement est passée de 2,1 millions en 2007 à 4 millions en 2009, puis à 800 000$ au 31 décembre 2011. Le titre de THQ a perdu 47% de sa valeur en 2012, ce qui ramènerait la valeur des actions de la Caisse à 400 000$ si la Caisse ne les a pas vendues entre-temps.

Si la cour américaine de faillite approuve la transaction, les 60 millions offerts par Clearlake serviront d'abord à rembourser les créanciers.

La Caisse n'a pas voulu commenter jeudi son investissement dans THQ puisqu'elle ne commente pas «la gestion active de ses investissements», selon un porte-parole.

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