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Le sauveur montréalais de THQ

Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse
14 novembre 2012 | 07 h 16
Patrice Désilets... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)
Patrice Désilets - Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse
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Patrice Désilets sait faire des jeux vidéo à succès. Mais son prochain défi est tout autre: sauver une entreprise au grand complet.

En mai 2010, le directeur créatif des deux premiers opus d'Assassin's Creed chez Ubisoft est passé chez le concurrent THQ, qui lui a déroulé le tapis rouge pour qu'il vienne y concevoir ses prochains jeux. Deux ans et demi plus tard, le projet du jeu vidéo du créateur québécois n'a pas changé. Mais la santé financière de THQ, oui: l'entreprise californienne a perdu 80% de sa valeur en Bourse, ne vaut plus que 8 millions en capitalisation boursière (le budget typique d'un jeu «AAA» comme celui de Désilets, est d'au moins 30 millions pour la production et autant pour le marketing), vient de rater un paiement à sa banque et en a engagé une autre pour «évaluer ses alternatives financières et stratégies» (traduction: vendre ou faire faillite, selon les analystes qui suivent THQ à la Bourse).

Déboires financiers

Mais les déboires financiers de THQ ne minent pas le moral de Patrice Désilets, qui participe cette semaine à une conférence de jeu vidéo à Montpellier, en France, plutôt qu'au Sommet international de jeu vidéo de Montréal.

«Je travaille sans pression additionnelle, dit-il en entrevue à La Presse. Je comprends tout ça, mais je ne peux rien faire d'autre que de faire un bon jeu. Et ce n'est pas la première fois que je vis ça. Sur Prince of Persia: Sands of Time, il fallait terminer avant Noël parce que l'entreprise (Ubisoft) en avait besoin. C'est sûr que nous ne sommes pas actuellement dans un état d'esprit de dépenses. Nous voulons faire plus avec moins.»

Si Patrice Désilets ne se laisse pas déranger par les déboires financiers de THQ, c'est peut-être qu'il a bien protégé ses arrières. Après avoir quitté Ubisoft en 2010, il s'est engagé un agent à Hollywood, qui lui aurait obtenu un contrat unique dans l'industrie du jeu vidéo à Montréal. Lié par une clause de confidentialité, Patrice Désilets ne peut pas parler de son contrat, sauf pour dire qu'il est «très à l'aise» avec celui-ci.

Un autre sujet sur lequel il n'a pas le choix d'être discret: son prochain jeu. «Oui, ce sera dans la foulée d'Assassin's Creed et de Prince of Persia (ses anciennes créations chez Ubisoft), dit le Montréalais de 38 ans. Ce ne sera pas étranger à ce que j'ai déjà fait.»

Ces temps-ci, c'est justement Assassin's Creed 3 qui est dans sa console de jeu à la maison. «J'ai du plaisir à jouer, je me perds dans cet univers, dit-il. Mon problème, c'est que je vois la matrice quand je joue. L'équipe a fait un très bon travail, mais ils auraient eu besoin de plus de temps pour peaufiner certains trucs. En jouant (à AC 3), je me suis aperçu que je ne suis pas en train de faire un Assassin.»

Le projet de Patrice Désilets, qui pourrait difficilement voir le jour avant un an, sauvera-t-il THQ? Dans le milieu montréalais du jeu vidéo, certains croient que la partie sera perdue pour THQ avant que son joueur étoile ne puisse sauter sur la glace. «Malgré tout le talent de Patrice, les déboires financiers de THQ semblent trop importants. THQ ne pourra probablement pas tenir assez longtemps pour attendre le jeu de Patrice», a dit un vétéran de l'industrie du jeu vidéo à Montréal sous le couvert de l'anonymat. Une histoire à suivre.

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